Au quotidien
Budget de couple : trois façons de partager, et comment choisir
Le sujet fâche rarement pour une question d'argent. Il fâche parce que le système n'a jamais été énoncé à voix haute.
Les trois systèmes
Il n'y en a pas trente-six. Chacun a une logique et un défaut, et le bon choix dépend surtout de l'écart entre les deux revenus.
Tout en commun
Un seul pot. Simple, et le plus proche de « on fait équipe ». Mais chaque achat personnel devient visible, et parfois discutable.
Tout séparé, moitié-moitié
Chacun paie la moitié des charges. Clair, mais injuste dès que les revenus diffèrent : le plus petit salaire se retrouve sans marge.
Le proportionnel
Chacun verse au pot commun le même pourcentage de son revenu. Le plus équitable, et celui qui demande le plus de confiance : il faut se dire ses salaires.
Le mixte, en pratique
Un compte commun pour les charges, deux comptes personnels pour le reste. C'est le système le plus répandu, parce qu'il préserve une zone sans justification.
Le proportionnel, en chiffres
Deux revenus nets, 5 400 et 3 600 CHF. Les charges communes montent à 3 000 CHF par mois.
| Moitié-moitié | 1 500 / 1 500 |
| Reste pour la première | 3 900.— |
| Reste pour la seconde | 2 100.— |
| Proportionnel (33 % chacun) | 1 800 / 1 200 |
| Reste, à parts égales du revenu | 3 600 / 2 400 |
Même total dans le pot. Mais dans le premier cas, l'un dispose de presque deux fois plus que l'autre pour vivre. Dans le second, les deux gardent la même proportion de leur revenu.
La conversation à avoir avant : pas « qui paie quoi », mais « qu'est-ce qui est commun ». Le loyer, évidemment. Les vacances ? Le cadeau à ta mère ? Le vélo de l'un ? La liste est plus utile que le pourcentage.
Ce qui casse un budget à deux
- Les avances jamais remboursées. « Je te rends ça plus tard » répété douze fois devient une dette invisible et un ressentiment bien visible.
- Les dépenses jugées. Si chaque achat personnel doit se justifier, le système sera contourné, pas suivi.
- Le silence sur les dettes. Un crédit à la consommation découvert après deux ans coûte plus cher en confiance qu'en francs.
Faut-il tout suivre dans la même app ?
Pas forcément, et c'est même souvent contre-productif. Ce qui doit être partagé, ce sont les charges communes. Le reste peut rester chez chacun.
Avec Monni, chacune note ses dépenses de son côté et crée une catégorie « commun ». Les deux voient leur part sans que personne n'ait accès au compte de l'autre — et rien ne quitte le téléphone.
Questions fréquentes
Quel est le partage le plus juste dans un couple ?
Le proportionnel : chacun verse le même pourcentage de son revenu au pot commun. À revenus égaux, il revient au moitié-moitié ; à revenus différents, il évite que le plus petit salaire se retrouve sans marge.
Faut-il un compte commun ?
Un compte commun pour les charges et deux comptes personnels pour le reste est le système le plus répandu, parce qu'il préserve une zone de dépense sans justification.
Comment gérer quand l'un gagne beaucoup plus ?
En passant au proportionnel, et en énonçant clairement ce qui est commun. Le déséquilibre n'est pas le montant versé, c'est ce qu'il reste à chacun après.
Faut-il se dire son salaire ?
Pour le système proportionnel, oui, c'est la condition. Pour le mixte, pas nécessairement : il suffit de s'accorder sur le montant des charges communes.
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